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Anthony Zilio candidat à la présidence du Vaucluse : qui dirigera Bollène s’il est élu ?
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Anthony Zilio candidat à la présidence du Vaucluse : qui dirigera Bollène s’il est élu ?

Actualité locale à Bollène sur LE 84500.

Sept mois après sa réélection, un nouveau tournant politique

Le 15 mars 2026, Anthony Zilio remportait les élections municipales de Bollène dès le premier tour.

Sa liste « Rassembler Bollène » recueillait 52,89 % des suffrages exprimés, soit 3 058 voix, obtenant 26 sièges sur les 33 que compte le conseil municipal.

Le 23 mars, il était officiellement réélu maire, pour la mandature 2026-2032.

Le 1er avril, il retrouvait également la présidence de la communauté de communes Rhône Lez Provence.

Sept mois plus tard, une nouvelle perspective s'ouvre.

Mercredi 28 octobre, Anthony Zilio a annoncé sa candidature à la présidence du Conseil départemental de Vaucluse, laissée vacante après l'élection de Dominique Santoni au Sénat.

Le scrutin est programmé lundi 2 novembre à 9 h 30.

Mais derrière cette ambition départementale se cache une conséquence directe pour Bollène : si Anthony Zilio remporte l'élection, il ne pourra plus exercer ses fonctions de maire.

Pourquoi serait-il obligé de quitter la mairie ?

La réponse est juridique.

L'article L.2122-4 du Code général des collectivités territoriales interdit de cumuler les fonctions de maire et de président du Conseil départemental.

Cette incompatibilité s'applique dès l'élection à la nouvelle fonction, sous réserve des règles particulières applicables en cas de contestation de l'élection.

Anthony Zilio a annoncé vouloir conserver son siège de conseiller municipal de Bollène.

Cela est légalement possible.

Il pourrait continuer à siéger au conseil municipal et participer aux délibérations, mais ne pourrait plus présider l'exécutif communal en qualité de maire.

Il ne s'agirait donc pas simplement d'ajouter une responsabilité à celles qu'il exerce déjà.

Son élection à la présidence départementale entraînerait un changement de maire à Bollène.

Laurence Desfonds-Farjon : une succession possible, mais pas automatique

Première adjointe depuis le 23 mars 2026, Laurence Desfonds-Farjon occupe une place importante dans l'équipe municipale.

Ses délégations comprennent notamment l'urbanisme, l'habitat, l'aménagement et les grands projets.

En cas de cessation des fonctions d'Anthony Zilio, elle serait normalement appelée à assurer provisoirement les responsabilités du maire, conformément à l'ordre des adjoints prévu par la loi.

Cependant, une distinction essentielle doit être faite.

Assurer l'intérim ne signifie pas devenir automatiquement maire.

L'article L.2122-14 du Code général des collectivités territoriales prévoit que le conseil municipal soit convoqué pour procéder au remplacement du maire dans un délai de quinze jours.

L'élection se déroulerait à bulletin secret, entre les membres du conseil municipal.

Les habitants ne seraient pas appelés à organiser une nouvelle élection municipale du seul fait de ce changement.

Laurence Desfonds-Farjon pourrait se porter candidate, mais rien ne permet aujourd'hui d'affirmer qu'elle sera proposée par la majorité ni qu'elle serait élue.

La majorité municipale resterait-elle en place ?

Oui, du moins dans sa composition actuelle.

La liste d'Anthony Zilio dispose de 26 sièges sur 33. L'opposition se partage les sept autres : quatre pour la liste de Frank Marest, deux pour celle de Marie-Claude Bompard et un pour celle de Daniel Barrière.

Le départ d'un maire de ses fonctions ne provoque pas automatiquement de nouvelles élections municipales.

Si Anthony Zilio conserve son mandat de conseiller municipal, les équilibres numériques du conseil resteraient inchangés.

Mais conserver la même majorité ne garantit pas une organisation identique.

Le prochain maire disposerait de ses propres responsabilités légales, de ses délégations et d'une autorité exécutive réelle.

Resterait alors une question politique essentielle : le successeur disposerait-il d'une véritable autonomie ou Anthony Zilio continuerait-il, depuis le Département, à exercer une influence déterminante sur les orientations municipales ?

Aucune réponse ne peut être apportée aujourd'hui sans connaître l'organisation envisagée par les intéressés.

Travaux et projets municipaux : faut-il craindre un changement de cap ?

Pour les habitants, les interrogations concernent avant tout les dossiers de la vie quotidienne.

Prenons l'exemple de l'avenue Salvador-Allende.

La deuxième phase de sa requalification a débuté le 7 septembre 2026. La Ville prévoit un chantier jusqu'à fin mars 2027, avec une interruption pendant les fêtes de fin d'année.

L'opération vise notamment à améliorer les déplacements, renforcer la sécurité et développer les aménagements paysagers.

Autre dossier : le giratoire de La Croisière, présenté par la municipalité comme un aménagement destiné à améliorer la circulation.

Les travaux sur les réseaux humides du centre-ville, la transformation de certains espaces publics ou encore les projets d'équipements municipaux font également partie de l'activité communale.

Le départ éventuel du maire n'annulerait pas ces opérations.

Les budgets adoptés, les marchés publics et les engagements contractuels continueraient de produire leurs effets.

En revanche, les priorités futures pourraient évoluer.

Le nouveau maire et son équipe auraient à décider de la poursuite des projets, du calendrier des investissements et des nouveaux engagements financiers.

La continuité administrative serait donc assurée, sans que cela signifie nécessairement une continuité politique absolue.

Et la communauté de communes Rhône Lez Provence ?

C'est une autre particularité de la situation d'Anthony Zilio.

Il préside la communauté de communes Rhône Lez Provence, qui rassemble Bollène, Lapalud, Lamotte-du-Rhône, Mondragon et Mornas.

Réélu président le 1er avril 2026 avec 31 voix sur 33, il dirige une structure importante pour les politiques territoriales locales.

Contrairement à la fonction de maire, la présidence d'une intercommunalité n'est pas automatiquement incompatible avec celle d'un conseil départemental.

Anthony Zilio pourrait donc, juridiquement, conserver cette responsabilité.

Il exerce également des fonctions à la tête de structures intercommunales, notamment liées à la gestion du bassin-versant du Lez et aux déchets.

La question n'est donc pas seulement juridique.

Elle concerne la disponibilité, la coordination entre les institutions et la capacité à exercer plusieurs responsabilités exécutives.

Les habitants des cinq communes de Rhône Lez Provence pourraient légitimement demander quelle organisation serait retenue en cas d'élection.

Bollène pourrait-elle bénéficier de cette nouvelle position ?

Le Conseil départemental intervient dans de nombreux domaines qui touchent directement la vie des Bollénois : routes départementales, collèges, accompagnement social, aides aux communes et soutien à certains équipements.

Le budget 2026 de la collectivité atteint environ 792 millions d'euros.

Un président connaissant les réalités de Bollène et du nord du Vaucluse pourrait apporter une connaissance directe de ces territoires aux arbitrages départementaux.

Mais il faut éviter une conclusion trop rapide.

Bollène ne bénéficierait pas automatiquement d'un financement supplémentaire parce que son ancien maire serait devenu président du Département.

Les subventions et investissements restent soumis à des procédures, à des critères et à des décisions collectives.

La question pertinente serait plutôt celle d'une meilleure coordination entre les collectivités, dans le respect de l'égalité de traitement des communes et des règles de prévention des conflits d'intérêts.

Pourquoi une annonce à la presse, mais pas d'explication spécifique aux Bollénois ?

C'est peut-être l'interrogation démocratique la plus immédiate.

Le 28 octobre, Anthony Zilio a choisi une conférence de presse pour officialiser sa candidature.

Une démarche publique et parfaitement légitime.

Mais à la date de rédaction de cet article, nous n'avons pas identifié de communication personnelle spécifique expliquant aux Bollénois les conséquences possibles de cette candidature sur leur mairie.

Cela ne signifie pas qu'aucune communication n'existe ou qu'aucune explication ne sera apportée.

La nuance est importante.

Pour autant, la question mérite d'être posée.

Lorsqu'un maire envisage de quitter la fonction pour laquelle il vient d'être reconduit sept mois plus tôt, les habitants ne devraient-ils pas connaître son projet de succession et ses intentions avant même de savoir s'il remportera cette nouvelle élection ?

Les électeurs ont choisi une liste municipale conduite par Anthony Zilio au mois de mars.

Ils n'ont pas directement élu le maire, fonction confiée par le conseil municipal, mais ils ont nécessairement voté en connaissant le nom de la personnalité qui dirigeait cette liste.

Sept mois plus tard, une nouvelle fonction pourrait l'amener à quitter la tête de la commune.

Cette évolution ne remet pas en cause la légalité de sa candidature. Elle soulève néanmoins une question de transparence et d'information des citoyens.

Il ne s'agit pas de demander à Anthony Zilio de renoncer à une ambition politique, mais de comprendre ce qu'elle implique pour les engagements municipaux pris au printemps.

Un lundi 2 novembre particulièrement symbolique

Le calendrier ajoute une particularité à cette séquence.

À 9 h 30, les conseillers départementaux se réuniront pour élire leur nouveau président.

À 18 heures, le conseil municipal de Bollène doit également se réunir dans la salle des pas perdus de l'hôtel de ville.

Cette séance municipale était officiellement programmée et doit être retransmise sur Facebook.

Rien n'indique, à ce stade, qu'elle sera consacrée à une succession éventuelle.

Mais ces deux rendez-vous, le même jour, donnent une dimension particulière à l'actualité politique bollénoise.

Entre le matin et le soir, la situation institutionnelle d'Anthony Zilio pourrait avoir changé.

Et si Anthony Zilio n'est pas élu ?

Sa candidature, à elle seule, ne l'oblige pas à quitter la mairie.

S'il ne remporte pas la présidence départementale, il pourra conserver ses fonctions actuelles, sous réserve de toute autre décision personnelle ou évolution institutionnelle.

Il demeurerait donc maire de Bollène, président de Rhône Lez Provence et conseiller départemental.

Le scrutin du 2 novembre constitue ainsi le véritable point de bascule.

Six questions auxquelles les Bollénois attendent des réponses

Avant lundi, plusieurs interrogations restent ouvertes :

  1. Anthony Zilio a-t-il déjà choisi la personne qu'il souhaiterait voir lui succéder ?
  2. Laurence Desfonds-Farjon est-elle candidate à une éventuelle succession ?
  3. Le maire souhaite-t-il conserver la présidence de Rhône Lez Provence ?
  4. Quelle autonomie aurait son successeur à la tête de Bollène ?
  5. Comment seraient suivis les engagements et investissements municipaux de la mandature ?
  6. Pourquoi ces perspectives n'ont-elles pas, à notre connaissance, fait l'objet d'une explication spécifique adressée aux électeurs de Bollène ?

Ces interrogations appellent des précisions des responsables concernés. Elles ne constituent pas des conclusions sur leurs intentions.

Un vote départemental, des conséquences municipales

Lundi, seuls 34 conseillers départementaux participeront à l'élection du prochain président du Vaucluse.

Les Bollénois, eux, ne voteront pas.

Et pourtant, le résultat pourrait déterminer si leur ville conserve son maire actuel ou doit en élire un nouveau au sein du conseil municipal.

Pour une commune dont la majorité a été renouvelée il y a seulement sept mois, la question mérite davantage qu'un simple commentaire sur les ambitions d'un élu.

Au-delà de savoir si Anthony Zilio peut devenir président du Vaucluse, les Bollénois sont en droit de demander ce que sa candidature changerait concrètement pour leur ville.

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